lundi 13 octobre 2008

Irisophie

Luire, voilà, luire
lui aller comme un gant
c'est une forêt à l'astre tombant
l'écorce griffée et le givre aligné
quand les regards surplombant
s'abyssent; quand mon aimée
est volute chaude dans l'air froid
quand dans l'équerre induite
de ses doigts
s'infiltre un ruisseau onguent
qui serpente des lèvres bleues
aux pupilles d'isthme
la veine et le filon
l'irisophie

c'est les éclats d'hélio,
et la vague inaudible du flux
qui l'anime;
peut-être pure nymphe et les nues
sont alors désirées; so

mardi 7 octobre 2008

Les formations d'orages

Lente dévolute
azur plombé
s'y souffle des vapeurs-cristal
pillé

cette bouche, aussi de formations d'orages

lundi 6 octobre 2008

Fauve passé

Dans le clair-obscur
de l'automne
j'ai ressenti la superficialité des paysages

désenchanté
et le jardin tout boursouflé d'été encore
étale l'herbe jaune de ton corps sophie
nature morte à la muse-
apesanteur

dédie toi aux vibratiles
couleurs
fauve passé

boursouflé de tes encore

mercredi 10 septembre 2008

L'irise


contre-jour face
à moi, elle
aussi rencontre un
flash

grâce à
volupté mêle
et de ses photons
me capte

la vision las
cive là,
sophie
s'irise et m'a

je suis dans la
photosophie

mardi 2 septembre 2008

Belouga Onthevibes


regard, au loin les vagues
reflets de la lune d'aout
au travers de l'air doux
inspirent des yeux, mirage,
bleus
comme ceux d'un chat sauvage
qui s'étirent jusqu'au bout
c'est bien de leur fond d'où
viennent les effets de drague
l'âme

lundi 21 juillet 2008

Interne

Goûter les rythmes soft
les OST et les li
gnes de basse
sophistiquées
des hallalis modernes


elle est tout sauf
hostile
ma Lilith classe
juste folie

ainsi Sophie m'interne.

jeudi 10 juillet 2008

Ardèchoise

tu dois rentrer à l'heure qu'il est
éclairé par ton seul phare
si tu savais comme pour moi c'est pareil

met ton casque, papillonne
toujours s'il te plaît

jeudi 15 mai 2008

Reflexions sur L'homme qui marche, de Giacometti (devoir pour la fac)



Allumette géante, tête ignifuge, ou au contraire brûlée, peut-être broche, torche dans la nuit d'art, agglomérat de métal, de bronze, exactement, érection cinglante, fine et élancée, vers un but précis: l'absolu.
Giacometti ne se souciait guère de son temps, détaché quasi scientifiquement à la recherche de sa vérité. Détaché d'une réalité sociale étouffante, et remodelée, comme une vengeance et une métaphore sublime, dans le travail du bronze. La statue est porteuse d'absolu pour l'homme social, l'art lui-même d'ailleurs, prend ce rôle - et je reprend Pessoa, là-dessus. Rien n'est étouffant, ici, l'air participe autant de la sculpture que les pleins, maigres. Fin dans l'absolu, donc. L'homme marche t-il pour autant sans fin? Il n'y aurait qu'un pont, mais Giacometti ne l'a pas sculpté. Il n'a pas non plus sculpté un squelette, juste une forme humanoïde, dévorée par un néant évocateur, semblant aller sans ne jamais bouger. Paradoxe statutaire, statufié, ici; l'homme. Toute la tourmente métallisée en une gestuelle absurde, l'homme n'est ici plus centre de sa perception, puisqu'il y a absence de tout signes extérieurs de perception; l'homme est seul, n'avance pas (à pas). Ou s'englue, au choix. Seul signe non humain, ce socle fangeux où s'embourbe des pieds immobiles, comme un baiser mortel de la terre sur son sujet, l'attirance de la boue facile face au ciel inaccessible (cf Michel Tournier dans Vendredi ou les limbes du Pacifique). L'homme n'avance pas, soumis physiquement aux lois de la gravitation, cage à ciel ouvert d'un Icare-sommeil, piège attractif de l'enfer religieux. Marcher, c'est accepter le poids de son corps; c'est accepter, Atlas futile, le poids du monde sous ses pieds.
Giacometti est un génie à mes yeux; je m'auto-suffit à contempler cette statue, la ligne de la tête au talon, passant par le dos et la jambe arrière (gauche et droite n'ont plus de sens, dans une suite de pas sans fin). Traîner sa jambe arrière, toujours, et puisqu'on parle de sculpture, utiliser muscles et tendons pour contrecarrer les lois pesantes de l'univers; gestes mécaniques mécaniquement rendus par son plus fidèle observateur: l'artiste-sculpteur.
Comme de ses représentations, Giacometti ne semblait jamais avoir pleinement terminé son oeuvre, continuant à marcher le long de ses pérégrinations mentales, pour en tenter des projections parfaites sur la matière brute. L'homme qui marche est comme tout art matériel, imparfait. Errance double, sujet-créateur, l'absolu insignifiant pour seule certitude.
Cette représentation d'un homme qui marche me rappelle évidemment des images d'archives, d'hommes et de femmes appelés à ne plus marcher, quand un monde s'effondrait, justement, sous leurs pieds: victimes des camps de concentration nazis, époque que le sculpteur a connue. Décharnés, d'une maigreur saisissante, des corps physiques à l'abandon, marchant vers leur tombeau. C'est peut-être finalement pudiquement que Giacometti n'indique aucune direction, la marche à suivre étant inconsciemment présente à l'esprit de chacun. L'absolu serait la mort. C'est une certitude.
Marcher sans but conscient est un ennui, jugé péjorativement dans nos sociétés occidentales, où la vie doit être rentabilisée; l'ennui est une forme de vie en sommeil, de mort latente. Sans jugement de valeur, l'ennui est un phénomène intellectuel comme un autre.
A la regarder avec un regard distrait, on distingue cette figure comme en étant une géométrique, avant peut-être les atours humains de "chair" métallique. Triangle rectangle des jambes, hypoténuse prolongée, comme un os de poulet. La finesse renforce cette impression, expression mathématique du corps humain dont les sculpteurs plus anciens recherchaient, sinon la formule, au moins la perfection. Ici, la géométrie du corps s'applique à le désarticuler, à le rendre objet, comme une épuration des artifices physiques humains au profit d'une vision juste suffisante pour distinguer ce sur quoi la représentation porte. Et ainsi faire la place à ce vide immense, dont je parlais au début, qui exprime bien plus qu'il ne le laisse penser, creusant les corps comme la pression sous-marine broie sous sa force les choses n'y étant pas adaptées. Être sous, c'est être pressé (et pour un homme qui marche, quel n'est pas le paradoxe!); être saoul, c'est le contraire; l'ivresse des profondeurs, sans doute... Toujours est-il que L'homme qui marche est pressé, conserve écrasée du poids de la vie; qu'il supporte ou qu'il fuit, c'est un autre sujet; il ne court pas pour autant, seul indice.
Les bras ne sont pas ballants, sagement à côté du corps, eux-mêmes résignés; le mouvement de balancier, aide au marcheur, ne fonctionne plus, ce qui rend la marche encore plus inéluctable. Tout comme le corps penché en avant, la tête droite fixant un horizon fictif, car sujet, vision, d'objet, et donc humainement impensable. La statue ne fixe rien, je fixe pour elle, en me transubstancialisant en elle; je fixe mes vertiges dans la statue. Toujours ce besoin de figer qui revient, finalement. Le marcheur est une figure supérieure, tant qu'elle n'est réelle que dans sa "mort" matérielle et physique, son inertie; la marche figée est un acte supérieur, car impossible. L'art seul le permet. Par des détours...

Je vous souhaite une bonne marée noire.

vendredi 11 avril 2008

Ai vu Voyage

Tanche

Sydlegs

sur les stucs et les stanzes
la Syd, placide, danse dans l'étrange
monde acide de Von G.

même si ses gestes dessinent
des astres, elle décide
de sublimer la gyne pour Von G.

et l'extase qu'elle obtient
la décide; être un ange
n'est valide que pour Syd

Mn

Surimpression

Orangeblossom

Frein

Faim